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La taxidermie ou l’art de magnifier le règne animal

Mon grand-père était très proche des animaux. Je me souviens des nombreuses visites du zoo de Servion que nous faisions ensemble et durant lesquelles il s’amusait à me montrer les résidents à poils, écailles et plumes.

Il aimait également me faire découvrir les différentes espèces animales en visitant le musée de zoologie du Palais de Rumine à Lausanne, cet endroit un peu particulier que certains adorent et que d’autres, au contraire, détestent.

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Je fais partie des personnes qui aiment ce lieu. Je n’y ai jamais perçu la mort, bizarrement. Adulte, je m’y suis rendue à plusieurs reprises et ma fascination était toujours présente. Je ne l’explique pas, elle est juste là. Même l’agneau à deux têtes de la collection du fond titille ma curiosité.

Quand je suis dans un pays étranger, je prends toujours du plaisir à visiter de telles collections. Je ne me lasserai d’ailleurs jamais de visiter le musée d’histoire naturelle de New York, avec sa baleine bleue reconstituée en taille réelle et ses squelettes de dinosaures !

Ceux qui n’apprécient pas ces endroits et s’y sentent mal à l’aise, je les comprends. Derrières des vitres ou des barrières, des animaux empaillés dont l’habitat a été reconstitué pour les présenter dans un milieu un peu plus naturel que les murs en pierre du musée.

Je ne sais pas si les goûts des uns et des autres dépendent de notre sensibilité à la cause animale (avec toutes les questions éthiques que pose la taxidermie) ou à la projection de notre propre mort à la vue de ces animaux empaillés. Je suppose que je préfère laisser la question ouverte et me concentrer sur le fait d’en apprendre davantage sur ce savoir-faire.

Journées européennes des métiers

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A l’occasion des journées européennes des métiers d’art, j’ai eu la chance de pouvoir pénétrer dans l’atelier de taxidermie d’André Keiser, taxidermiste au musée de zoologie de Lausanne. Il m’est impossible de vous donner un compte rendu de toutes ses explications, tant celles-ci étaient techniques et précises.

Par contre, j’ai retenu que la taxidermie était un art complexe qui ne se maîtrisait qu’après plusieurs années de pratique et qu’elle était la passion de personnes qui aiment profondément les animaux.

Lorsqu’André Keiser nous a montré un coucou gris, ce fameux oiseau dont le chant est reconnaissable parmi tant d’autres et qu’il est devenu rare de croiser dans nos contrées suisses, son visage s’est illuminé. Il paraissait empli de gratitude à l’idée de pouvoir immortaliser un représentant de cette espèce. D’ailleurs, il a précisé qu’il ne travaillait sur un animal que lorsqu’il sentait que c’était le moment juste, afin de fournir un travail de qualité. On peut affirmer qu’il suit clairement sa joie en ayant fait de sa passion son métier !

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Ma découverte d’Aline, naturaliste en devenir !

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Un jour, je feuilletais un journal suisse. Je suis alors tombée sur un article dédiée à une jeune vaudoise, passionnée par l’entomologie (naturalisation d’insectes, branche de la taxidermie). L’article était court et m’a laissé sur ma faim. J’aurais voulu lui poser tant de questions !

J’ai alors constaté que l’article mentionnait son compte Instagram. Je m’y suis abonnée et j’ai consulté ses photos. De magnifiques papillons exotiques d’une beauté sidérante qu’elle présentait sur des végétaux, soigneusement disposés sous une cloche en verre. Si cette personne n’aime pas profondément les animaux pour les mettre ainsi en valeur !

Je me suis décidée, après de nombreux mois, à lui écrire. Je lui ai fait part de ma fascination pour sa passion et lui ai demandé si elle était d’accord de bien vouloir m’en parler pour un article blog. Et vous savez quoi… elle a accepté !

Je vous laisse découvrir ses réponses à mes questions !

Aline, peux-tu m’expliquer ce qu’est l’entomologie et ce qu’elle représente pour toi ?

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L’entomologie est la science qui étudie les insectes. La naturalisation d’insectes (soit la taxidermie pour cette famille du règne animal) consiste à faire prendre à ces derniers la forme souhaitée. Les procédés sont bien moins complexes que la taxidermie des vertébrés, mais ce travail demande tout autant de patience, de minutie et de rigueur car ils sont extrêmement fragiles.

La naturalisation d’insectes représente réellement une passion pour moi, je n’arrête d’ailleurs jamais d’agrandir ma collection personnelle ! Cela me permet de les observer continuellement et de développer mes connaissances à leur sujet.

Comment t’es-tu découverte cette passion ?

Blog Lifestyle - Comment né la passion de la taxidermie ? - Suivre sa Joie - Saskia Parein

Depuis plusieurs années, j’aime récolter les insectes que je trouve sur mon chemin. J’ai commencé par collectionner les abeilles et les bourdons, puis les papillons et autres coléoptères. Au début, je les plaçais simplement dans des bocaux. Puis, à force de me balader en nature et de me renseigner sur des pratiques de conservation, j’ai décidé de me lancer en montant ma première cloche avec des abeilles et un papillon issu de mes bocaux ! J’ai pris 4h30 pour faire ma première création car j’étais novice et mes gestes étaient encore très hésitants. Je craignais de casser les insectes, mais j’étais tellement fière lorsque j’ai posé le globe sur le socle et de voir le résultat final !

Quelles espèces animales naturalises-tu en particulier et pourquoi ce choix ?

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Mes sujets favoris sont les papillons ! J’aime spécifiquement leur morphologie et leurs couleurs. Certains sont vraiment très grands, jusqu’à 30cm d’envergure ! Je possède des papillons de nuit et de jour, mâles et femelles confondus.

J’affectionne également les scarabées et les libellules. Les techniques utilisées pour ceux-ci sont différentes de celles employées pour les papillons et je ne me lasse d’élargir mes compétences.

Comment procèdes-tu concrètement lorsque tu décides de donner une nouvelle vie à un insecte ?

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Je me fournis chez des éleveurs ou je récupère d’anciennes collections entomologiques. Certains spécimens proviennent de sites internet.

Ils arrivent ensuite chez moi les ailes fermées, dans de petites papillotes en papier. Pour leur faire prendre la forme désirée, je dois les humidifier en les laissant quelques jours dans une boîte hermétique, sur du coton mouillé. Une fois ramollis, je peux les étaler sur une planche en balsa en rabattant les ailes avec des bandelettes de papier. Après plusieurs jours de séchage, je les déplace dans une grande boîte pour les conserver, en attendant de les placer sous des dômes en verre ou dans des cadres.

Je travaille uniquement à mon domicile, mais me verrai bien avoir un atelier !

Que fais-tu des insectes que tu as empaillés ?

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La plupart des insectes sont vendus dans des créations et une partie de mon travail vient compléter ma collection personnelle ! Il y a des espèces que je trouve très rarement et que j’affectionne particulièrement, c’est pourquoi je tiens à les garder 😊

As-tu des ambitions spécifiques en lien avec ta passion ?

Si je devais en faire mon unique métier, je rêverais d’avoir une boutique. Je pourrais élever des chenilles et les voir se transformer en papillons, ce qui me permettrait d’en apprendre davantage à leur sujet. Je pense qu’il est très important de connaître les espèces que l’on manipule pour les mettre en valeur. De plus, j’aime bien pouvoir donner des informations complètes et précises sur les insectes qui sont vendus aux personnes qui me passent commande.

A l’avenir, je souhaiterais exposer mes créations dans divers endroits, comme des conventions, des boutiques et des marchés.

J’aimerais également faire de ma collection un support pédagogique, car il ne faut pas oublier que je suis enseignante en primaire. Amener des insectes en classe crée toujours un engouement chez les élèves !

Comment vis-tu cette passion et le regard que certains peuvent porter sur celle-ci ?

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Au début, certains jugeaient mon intérêt pour les insectes car leur apparence peut rebuter. Le fait de les mettre en scène leur rend leur beauté naturelle et mon entourage a ainsi mieux compris et accepté cette fascination.

Maintenant, les gens m’envoient carrément des photos d’insectes qu’ils rencontrent lors de leurs balades car ils m’identifient comme The Mother of Insects !

Est-ce difficile pour toi de côtoyer des insectes qui ont perdu la vie ?

Dans un premier temps, il est délicat de les manipuler dans cet état. Je leur porte beaucoup de respect et il me tient à cœur de leur donner une apparence la plus naturelle possible. Pour les mettre en valeur, il me faut en quelque sorte les embaumer. Je considère que je leur donne ainsi une deuxième vie et c’est ma manière à moi de les magnifier !

Que souhaites-tu dire aux personnes qui ne comprennent pas ta passion ?

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J’y vois d’abord un intérêt scientifique car certaines espèces sont vouées à disparaître un jour. Il est ainsi important de les étudier et de les conserver, ce que la taxidermie permet. C’est d’ailleurs le premier intérêt de celle-ci.

Ensuite, je respecte le fait que certains ne comprendront jamais mes motivations à faire de l’art avec des animaux défunts. Je précise que cette pratique est issue des cabinets de curiosité qui sont des collections d’objets étranges qui ont parfois pour objet la mort. Pour ma part, je m’efforce de créer un mini-musée qui n’a pas l’aspect morbide de certaines collections, mais qui, au contraire, dégage la vie !

Où pouvons-nous observer ton travail ?

J’ai aujourd’hui deux pages sur les réseaux sociaux, une sur Facebook et une sur Instagram. Je les mets régulièrement à jour pour présenter mes dernières créations.

J’ai pour projets de créer une boutique en ligne sur Etsy ou d’avoir mon propre site internet !

Conclusion

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Historiquement, la taxidermie avait pour but de conserver les espèces afin que les générations suivantes sachent qu’une immense diversité d’espèces avait vécue avant elles. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve cela très ingénieux !

Pour ma part, j’aime sincèrement les animaux et je les respecte. Aller leur rendre visite dans un musée alors qu’ils sont empaillés me permet de leur rendre hommage et d’en connaître davantage sur eux et rien que pour cela, je trouve que c’est une bonne chose qu’un art telle la taxidermie continue d’être pratiqué !

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Où visiter une collection de taxidermie :

Palais de Rumine

Adresse :
Place de la Riponne 6
CH-1014 Lausanne

Site internet :

http://www.zoologie.vd.ch/collections-et-publications/collections/

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Ces magnifiques photos ont été prises par le talentueux Gregory Takatch. Si vous souhaitez en connaître plus sur son travail, n’hésitez pas à consulter sa page Instagram !

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